RDR
REPRESENTATION
ITALIE

DELEGUE GENERAL ITALIE

  Cissé Seydou

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Le Patriote No. 2100 du Jeudi 28 Septembre 2006
Le docteur Cissé Seydou est Délégué général du RDR en Italie. Dans cet entretien réalisé par Internet, il se prononce sur les chances de sortie de crise en Côte d’Ivoire. Il pense que le renouveau du pays ne peut se réaliser qu’avec Alassane Dramane Ouattara, candidat du RDR.

Monsieur Cissé Seydou, vous êtes le Délégué général du RDR en Italie. Comment voyez-vous l’après 31 octobre en Côte d’Ivoire ?
Cissé Seydou : Le chef de l’Etat Gbagbo Laurent, contrairement à ce qu’il dit constamment, a biaisé l’application des accords et arrangements jusque-là signés. Je pense sincèrement que la crise ne prendra fin qu’avec le départ de Laurent Gbagbo de la tête du pays. Le président Thabo Mbeki aime bien parler de la renaissance africaine. La question que j’ai à lui poser est celle-ci : «Comment peut-on arriver à une vraie renaissance africaine si un pays comme la Côte d’Ivoire est sous l’emprise d’un régime aussi intolérant que celui de Laurent Gbagbo?». Il est difficile de comprendre l’opposition de Laurent Gbagbo et de son parti à la délivrance des certificats de nationalité aux ivoiriens au cours des audiences foraines. Il est connu – et Laurent Gbagbo le disait à l’envie – que les Ivoiriens n’ont pas de pièces d’identité. Il revient à l’opposition ivoirienne de jouer un peu plus serrée. C’est une constance dans les relations internationales : la communauté internationale résout les situations de crise en tenant compte des rapports de forces sur le terrain.

Que pensez-vous du rôle de la France dans la crise ivoirienne?
C.S : Le Côte d’Ivoire n’est certes pas le Liberia, mais j’ai approuvé la méthode qu’a utilisée le Président Georges Bush face au dictateur Charles Taylor. Il faut dire qu’elle a arrêté l’hémorragie dans ce pays. La France a sauvé le fauteuil de Laurent Gbagbo en 2002 et elle a suscité les accords de Marcoussis. Mais au fil du temps, la France a hélas refusé de prendre ses responsabilités quand Laurent Gbagbo a rejeté ces accords. Je n’ai pas encore compris les ambiguïtés de la politique de la France en Cote d’ivoire et les prises de position incompréhensibles au niveau du Conseil de sécurité. Comment peut-on expliquer qu’un membre permanent du Conseil de sécurité, avec droit de veto comme la France, avec 4000 soldats en Côte d’Ivoire, puisse se laisser voler la vedette dans la résolution de la crise ivoirienne par l’Afrique du sud ou d’autres puissances?

N’est-ce pas parce que le chef de l’Etat sud-africain est le médiateur dans la crise ?
C.S : Voyez-vous, la diplomatie ne trouve son bonheur que dans l’équilibrisme. Si l’Afrique du Sud veut consolider son influence économique et diplomatique en Afrique et dans le monde, le président Thabo Mbeki doit lâcher du lest sur la question ivoirienne. Dans sa médiation en Côte d’Ivoire, M. Thabo Mbeki a démontré, malheureusement sa partialité. Tout indique qu’il se refuse à prendre une décision courageuse en faveur de la démocratie. Je peux comprendre que les relations économiques entre nos deux pays se soient intensifiées avec l’appui des refondateurs mais, peut-on laisser notre pays dans une situation de ni paix ni guerre à cause des intérêts économiques?
La Côte d’Ivoire ne trouvera sa réconciliation qu’à travers de nouvelles listes électorales et des élections transparentes. Et ça, je suis convaincu que Thabo Mbeki le sais. Le Président Thabo Mbeki sait mieux que n’importe quel autre homme politique que lorsqu’on veut promouvoir la démocratie en Afrique, on ne peut pas appuyer Gbagbo Laurent. Il mise sur le mauvais cheval dans la sortie de crise en Côte d’Ivoire. Quand on veut devenir membre permanent du conseil de sécurité, on n’agit pas contre la démocratie et les intérêts des membres permanents de ce même Conseil de sécurité, diplomatie oblige.

Estimez-vous que le Premier ministre, Charles Konan Banny, a réussi à impulser une dynamique au processus de paix ?
C.S : J’avoue être déçu par le bilan du Premier ministre Banny qui, a bénéficié de l’appui de la communauté internationale à travers la Résolution 1633, mais qui n’a pas évalué attentivement tous les contours de sa mission.
L’ex- Premier ministre Seydou Diarra n’a pas bénéficié du pouvoir et de l’espace nécessaire à l’application des accords de Marcoussis. Je crois honnêtement que le Premier ministre Konan Banny a manqué de courage. Il faut le dire, son tandem avec M. Gbagbo n’a pas permis d’avancer. La communauté internationale doit donc tenir compte de ses aspects avant la nouvelle résolution. La direction bicéphale de Laurent Gbagbo et de Charles Konan Banny ne peut pas résoudre la crise en cours. Le Premier ministre a refusé de prendre ses responsabilités vis-à-vis des indemnités des députés de RHDP, alors qu’il est le ministre de l’économie et des finances. Il a cédé face aux pressions du FPI pour revenir sur les audiences foraines qui étaient déjà lancées. Ce sont des erreurs à éviter si le processus de transition doit arriver à bon port. Enfin, l’UA doit fortement recommander au conseil de sécurité la suspension de la constitution ivoirienne sur laquelle Gbagbo se base pour empêcher la sortie de crise. Elle doit aussi recommander que l’ONU prenne en charge la confection du listing électoral vu que les refondateurs n’en veulent pas.

Comment avez-vous réagi au scandale des déchets toxiques déversés à Abidjan ?
C.S : Quand l’autorité de l’Etat est bafouée, dans un pays, tout peut arriver, voyez-vous quand M. Laurent Gbagbo signe des décrets qui interdisent les manifestations dans la rue, avez-vous vu les forces de l’ordre empêcher les « patriotes» de manifester ? Et pourtant les partisans de l’opposition sont réprimés à volonté. Les massacres de mars 2004 avec 120 morts en sont une illustration. Dans ce contexte de désordre ou des ministres sont tabassés dans leur bureau où les jeunes patriotes peuvent tranquillement aller casser le mobilier des ministères sans aucune intervention des forces de l’ordre, c’est justement ce qui provoque des catastrophes du genre des déchets toxiques. Notre pays est franchement à la croisée des chemins. Il faut une prise de conscience collective, avant qu’il ne soit trop tard. Notre pays était considéré comme un exemple de développement économique et social en Afrique sud-saharienne. Mais cette ère est hélas loin.

De l’extérieur, comment vivez-vous les malentendus entre les populations ivoiriennes.
C.S : Actuellement, quand un Italien vous aborde au travail ou dans la rue, il suffit qu’il sache que vous êtes Ivoirien pour qu’il vous parle de la guerre, des manifestations des “patriotes” contre la France et des Casques bleus. Je vous dis sincèrement qu’il faut un « new deal » pour reconstruire et redorer l’image de notre pays au niveau international, comme Franklin Roosevelt l’a fait aux USA dans les années 30 après la crise économique et la dépression de 1929. Et je crois que cela ne peut se faire qu’avec le Dr Alassane Dramane Ouattara.

Justement, il se trouve que le Président de votre parti est candidat aux prochaines élections présidentielles. Cela vous inspire-t-il des craintes ou des espoirs ?
C.S : C’est évident que la candidature du Docteur Alassane Ouattara est la meilleure chose qui puisse arriver à la Côte d’Ivoire. Nous qui vivons en Europe, nous savons que l’arrivée de cet homme au pouvoir sera le bonheur pour notre pays. Alassane Ouattara est connu de tous les Ivoiriens comme un homme de valeur. Personne mieux que lui ne peut sauver notre pays de sa crise.
Réalisée par Koné Satigui 





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