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INTERVIEW
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A l’issue de sa tournée dans
les régions du Denguélé et du Bafing, du 9 au 15 décembre
derniers, le Dr Alassane Dramane Ouattara a animé sa
traditionnelle conférence de presse de clôture. A cette
occasion, le candidat du RDR à la prochaine élection
présidentielle a échangé avec les journalistes sur le bilan
de cette tournée, avant d’ouvrir une lucarne sur l’actualité
sociopolitique en Cote d’Ivoire. Entretien.
Propos liminaire
Chers amis journalistes, merci d’être une fois de plus avec
nous. Je voudrais commencer par vous féliciter, parce que
cette tournée a été longue et difficile. En rentrant demain
à Abidjan (la conférence a eu lieu le dimanche 13 décembre
dernier, ndlr), cela nous fera neuf jours de tournée.
Ensuite, concernant l’itinéraire, il faut dire que cela n’a
pas été toujours facile. Evidemment, les infrastructures ne
sont pas en bon état. Tout ceci fait que certainement, vous
avez été éprouvé. Je me félicite de ce que tout se soit bien
passé. Beaucoup d’entre vous avaient été avec moi ces six
derniers mois. Nous venons donc de compléter la visite dans
15 régions sur les 19 que compte notre pays. Bien entendu,
pour moi, la tournée dans le Denguélé et le Bafing est la
tournée la moins difficile, surtout au plan des contacts.
Certes elle était politique comme les autres tournées, mais
elle avait aussi un caractère familial. Parce que mes grands-parents
maternels sont de Gléléban. J’ai donc été là-bas pour saluer
ses parents et arrières grands parents. Vous avez entendu
les messages que j’ai donnés. C’étaient des messages de
rassemblement et de réconciliation. Bien sûr, le Denguélé et
le Bafing sont des régions qui ont été très marquées par les
questions d’exclusion. Il fallait donc rassurer les
populations et leur dire que c’est un chapitre qui est
maintenant derrière nous. Et que nous devons regarder
l’avenir ensemble, tous en tant qu’Ivoiriens. Nous devons
pardonner les erreurs du passé et faire en sorte que les
prochaines élections permettent à tous les Ivoiriens de
faire le choix qui sera donc le leur. J’ai donc senti
beaucoup d’enthousiasme, beaucoup d’émotion et d’attachement.
Je n’ai donc pas de doute que ce sont des régions où je
ferai un score important. Je m’en réjouis. Voilà mon
introduction liminaire et je suis prêt à répondre à vos
questions.
Questions – Réponses
Quel résumé faites-vous de votre longue tournée dans les
départements du Denguélé et du Bafing ?
ADO : Je veux que cette tournée fasse partie de mon désir de
réunifier notre pays. Qu’on fasse qu’il n’y ait plus deux
Côte d’Ivoire mais plutôt, une seule Côte d’Ivoire
totalement réunifiée. La deuxième chose que les esprits et
les erreurs s’apaisent afin que nous rentrions dans une
phase de réconciliation. C’est pour cela que j’ai indiqué
tout le long de la tournée que la validation de ma
candidature par le Conseil constitutionnel est une première
victoire. Et c’est vrai parce que l’exclusion d’un ancien
Premier ministre et d’un ancien président de la République,
est quelque chose d’aberrant que tout le monde entier
d’ailleurs n’a pas compris, et nos compatriotes aussi.
Surtout aux yeux de ceux qui sont mes parents qui m’ont vu
naître et grandir. Je voudrais leur dire que maintenant,
c’est un chapitre qui est derrière, qu’il faut oublier. Si
on ne peut pas l’oublier, il faut pardonner. Et considérer
que tous, sont Ivoiriens au même titre que ceux des autres
régions. Il ne faut pas se sentir exclu et marginalisé. Mais,
il faut se sentir bien dans sa peau, dans la République.
Monsieur le président, quelle réaction avez-vous à propos
des Ivoiriens et militants de votre parti qui sont traqués
en ce moment par les Forces de défense et de sécurité pour
des questions d’identité et d’enrôlement sur la liste
électorale ?
ADO : Effectivement, j’ai lui dans la presse que des
Ivoiriens sont traqués par le CeCOS et les Forces de l’ordre,
en général. Je trouve cela tout à fait aberrant. A cet effet,
nous allons d’ailleurs saisir le représentant spécial des
Nations Unies. Parce que les Forces de l’ordre n’ont rien à
avoir avec le processus électoral. Il y a des procédures qui
ont été établies. Les uns et les autres doivent aller
vérifier leur inscription sur la liste. Certains doivent
faire des réclamations. Si un citoyen considère que
quelqu’un est sur la liste alors qu’il n’en a pas le droit,
il y a des procédures pour saisir la Commission électorale
indépendante (CEI) et les tribunaux. C’est donc à l’issue de
cela qu’une décision est prise. Nous demandons donc au
gouvernement et à l’ONUCI de faire en sorte que ces
pratiques cessent. Les Forces de l’ordre doivent rester
impartiales et républicaines. Je sais que pour la plupart,
elles sont effectivement républicaines. Mais il faut que
cela s’affirme davantage. Si le CCI a été créé et si il y a
une semaine, des dispositions ont été prises pour fournir
les 8000 personnes qui doivent surveiller le processus
électoral, c’est bien pour dire que les forces, de part et
d’autre, doivent être éloignées du processus. Que ce soit
les FDS ou les FAFN. C’est pourquoi nous dénonçons et nous
demandons à nos frères de la Gendarmerie et de la police de
vraiment jouer leur rôle de forces républicaines. Ceci est
important pour la suite, car nous voulons des élections
transparentes dont les résultats seront acceptés par tous
les acteurs. Il faut donc qu’il n’ y ait aucune interférence
des forces militaires ou des forces de sécurité dans ce
processus.
Il y a une polémique en ce moment sur la question de votre
nationalité. Il y a des témoignages qui sont passés dans la
presse proche du pouvoir qui reviennent encore sur ce que
nous avons vécu, il y a quelques années. Alors quelle
réaction ?
ADO : Moi je n’en sais pas grande chose. Je crois que le
processus d’identification est complété. Tout le monde sait
que, comme les autres grands candidats, je suis sur la liste
électorale validée à l’issue de l’opération d’identification.
C’est peut-être la nostalgie d’un débat qui en son temps,
avait dû émouvoir nos compatriotes. Mais il est clair que
c’est de l’intoxication, des mensonges. Ma réponse à cela,
c’est de dire que moi je me préoccupe des vrais problèmes de
mes compatriotes. Je fais ces tournées pour dire à mes
compatriotes les solutions que j’apporterai à leurs
problèmes. Evidemment, certains, n’ayant pas de programmes,
pensent qu’ils pourront tromper les Ivoiriens en revenant
sur de vieux débats qui ont divisé la Côte d’Ivoire. Moi, je
veux rassembler les Ivoiriens. Je n’entrerai pas dans ce
genre de débat. Je considère que le temps est venu. La
vérité a été dite. Les Ivoiriens la connaissent maintenant.
Ils savent bien que nous avons été intoxiqués dans ce pays
par ce genre de propos. Les preuves sont maintenant là,
c’est la carte nationale d’identité qui est délivrée à
chacun de nous.
Que répondez-vous au président Fologo qui dit avoir des
révélations à faire le moment venu concernant votre «
arrivée » dans la sphère politique ivoirienne ?
ADO : Qu’il le fasse rapidement (rires). Je pense que
personnellement, même si je sais des choses sur les uns et
les autres, et Dieu seul sait, pour avoir tout de même géré
l’Etat de Côte d’Ivoire avec tous les services de
renseignements pendant des années en tant que chef de
gouvernement, je m’abstiendrai, si c’est nécessaire. Mais,
nous attendons ces révélations avec beaucoup d’impatience.
En même que vous vous battez pour qu’il y ait l’équité dans
le traitement de l’information au niveau des médias d’Etat,
il est constaté que dans les zones occupées, des médias dont
l’ouverture est jugée « irrégulière » par des instances
autorisées, contribuent à mener campagne pour vous ? Qu’en
pensez-vous ?
ADO : Effectivement, j’ai écouté une radio qui s’appelle «
Radio Denguélé » puis, une deuxième radio qui m’a d’ailleurs
interviewé. C’est une floraison de radios qui se développe.
Vous savez ma politique, c’est qu’il faut admettre cela sur
l’ensemble du territoire cela sur l’ensemble du territoire.
Je ne comprends pas que le gouvernement n’ait jusqu’à
présent pas autorisé des radios privées pouvant faire
l’information dans la zone gouvernementale. J’ai eu
l’occasion de dire à vos collègues qui m’ont accompagné lors
de ces dernières tournées, que c’est nous qui avons procédé
à la libéralisation des ondes. C’est lorsque j’étais Premier
ministre que RFI, BBC, La Voix de l’Amérique, Radio
Nostalgie, Radio Jam, etc. ont pu s’installer. Nous avions
pris des dispositions pour que les Radios nationales locales
fassent la musique et l’information pour un temps limité. Et
quelques temps après, elles pouvaient faire de l’information.
Donc, ce que moi je suggère, c’est qu’il y ait la
libéralisation sur l’ensemble du territoire. C’est cela la
liberté d’expression. Il ne faut pas empêcher les radios
dont vous parlez qui font leur travail d’information, de
fonctionner. Moi, je crois qu’il faut libéraliser. (…) Moi,
j’ai grandi dans un environnement de liberté d’expression,
de liberté fondamentale et je crois en cela et je
protégerais cela.
Lorsqu’on arrête les dates des élections, vous le confirmez
presque avec conviction à vos militants et on constate
qu’elles sont repoussées. Ne craignez-vous pas un autre
report de l’élection présidentielle qui pousserait vos
militants à douter de vous ?
ADO : Lorsque la Commission électorale indépendante (CEI)
propose une date et que le chef de l’Etat signe un décret,
nous ne pouvons considérer que cela été un travail sérieux.
Alors, à Ouagadougou, le président de la CEI nous a expliqué
les raisons du retard. Pour nous, la question a été ; «vous
avez eu un tel problème par le passé. Comment est-ce que
vous allez maintenant résoudre tel ou tel problème s’il
réapparaissait ? » Mais en tout état de cause, nous avons
décidé que la question du contentieux ne doit pas dépasser
38 jours. Et puisque ce contentieux a commencé je crois le
27 novembre, ceci nous amènerait aux alentours du 10 janvier.
Normalement, dans la première semaine de janvier, on devrait
terminer avec le contentieux et la publication de la liste
définitive. Pour le reste, la SAGEM nous a rassurés que les
6.300.000 cartes ont été fabriquées. Il s’agira de retirer
les cartes qui ne sont pas valides visant des personnes qui
n’auraient pas été retenues. Nous savons déjà qu’il y a
5.300.000 personnes qui sont retenues. Donc, même si la
moitié des 1.300.000 personnes ne sont retenues pas retenues,
cela voudrait dire qu’il n’ y aurait que 500.000 cartes à
retirer et qu’il y airait 6 millions de cartes disponibles
qui peuvent être distribuées dans la première quinzaine du
mois de février. Nous en savons eu l’expérience à partir de
la distribution de la liste provisoire. Selon donc ce
calendrier, la campagne électorale pourra donc commencer,
s’il y a un léger retard, dans la troisième semaine du mois
de février pour nous amener à des élections en fin février
ou en début mars. Et j’ajoute que certaines de ces choses
peuvent se faire simultanément. Par exemple, les cartes
d’identité étant fabriquées, les cartes d’électeurs peuvent
être fabriquées immédiatement. Ce qui fera gagner du temps.
La liste définitive peut être fabriquée en même temps que
les cartes sont fabriquées. La distribution des cartes
d’identité pourra se faire avant même que la campagne ne
commence, puisque les cartes seront disponibles. Il y a
quand même assez de manœuvres dans le programme qui nous
conforte et qui nous fait penser que cette fois-ci, nous
devions pouvoir respecter le délai. En tout cas, nous
n’accepterons pas de nouveaux reports. Nous l’avions
d’ailleurs dit clairement le président Bédié et moi, à
Ouagadougou. En tout cas, Bédié et moi, nous n’accepterons
plus de report quel que soit le motif.
Et s’il y avait un nouveau report ?
ADO : Nous n’accepterons pas et nous ne pensons pas qu’il
pourra avoir un autre. C’est aussi simple que ça. Il n’ y a
plus de raison pour qu’il y ait un nouveau report.
Pouvez-vous lever un coin de voile sur les dispositions qui
ont été prises à Ouagadougou concernant l’équité dans le
traitement de l’information par les médias d’Etat ?
ADO : C’est un dossier dont nous avons parlé à chaque
occasion. D’ailleurs, lors de la 6ème session du CPC (Cadre
permanent de concertation), nous avons eu de très longues
discussions, je dirais même assez houleuses sur ce point. Et
on nous a dit qu’avec la publication de la liste provisoire,
il est prévu dans la loi, l’équité dans le traitement de
l’information pour tous les 14 candidats. Et nous avons
demandé que les Institutions chargées de la régulation
fassent leur travail. Y compris d’ailleurs, le représentant
du secrétaire des Nations Unies. Puisque l’équité des médias
est un élément important de la certification. Et puis,
lorsque les 15 jours de campagne vont commencer, il faudra
l’égalité de traitement des candidats. Je crois que le CNCA
(Conseil national de la communication audiovisuelle)
veillera à ce que tout cela soit respecté parce que s’il y a
dérapage, nous saisirons les Nations-Unis et des sanctions
seront prises à l‘encontre des responsables de ces
Institutions.
Au cours de la rencontre avec les populations à Guintéguéla,
vous avez déploré la faible mobilisation des populations
pour l’opération d’identification et d’enrôlement électoral.
Avec recul, n’avez-vous pas le sentiment que votre parti est
en train de perdre un peu son influence dans la zone,
certainement à cause des actions de Nady Bamba ?
ADO : Qui est Nady Bamba ? (rires)
C’est la seconde épouse du Chef de l’Etat.
ADO : Ah bon ! Je ne la connais pas. Mais je pense qu’il y a
un parti qui s’appelle le FPI. Or je n’ai pas senti la
présence de ce parti dans le Bafing, encore moins dans le
Denguélé. C’est vrai que je déplore que le Bafing ait un
faible taux de personnes enrôlées. Pour cela, il y a
plusieurs choses qui m’intriguent. Le Bafing, selon les
statistiques, semble avoir une moindre population estimée en
2008 par rapport à 1998. Je me suis dit qu’est-ce qui s’est
passé pour que ce soit ainsi ? J’ai donc demandé à nos
services statistiques de regarder cela. Est-ce à cause de la
guerre ? Puisque les populations, à un moment donné
s’étaient déplacées. En tout cas, c’est un problème le fait
que la population n’a pas bougé en 10 ans. Partout ailleurs,
quand on regarde les indicateurs et qu’on prend un taux de
croissance d’environ 3,5 %, la règle de 70 devrait vous
amener à doubler la population en 20 ans. Donc en 10 ans,
vous devez ajouter 80 % à la population. La population du
Bafing devrait être bien au-delà de la population actuelle
qui doit être estimée aux alentours de plus de 100 milles.
En tout cas la population n’a pas bougé. Ce qui n’est pas
normal. La deuxième chose que j’ai noté, c’est que la
population enrôlée est très faible. Elle fait seulement
45.595, soit 44 % de la population. Je trouve que cela est
faible, puisqu’en moyenne, l’enrôlement a été de 75 % pour
la moyenne du pays. Il y a donc un problème dans le Bafing.
Je ne me l’explique pas. Est-ce le manque d’effort des
responsables locaux ou est-ce le manque de pièce pour nos
compatriotes ? En tout cas, nous sommes en train de nous
informer.
Vous êtes musulman. Alors à quand le pèlerinage à la Mecque
? (Rires, à nouveau dans la salle)
ADO : Qui vous a dit que je n’ai pas fait le pèlerinage ?
C’est une affaire privée. Vous savez, moi j’ai beaucoup
voyagé. Mais je ne n’étale pas ma religion pour faire de la
politique. Je suis quelqu’un qui a une foi importante dans
sa religion. Mais ce qui m’intéresse, c’est d’être le
président de tous les Ivoiriens et non celui d’une partie
des Ivoiriens. Je pense aussi que dans notre pays, nous
avons besoin de travailler à renforcer ce qui est fait par
les religieux. J’ai vu à Odienné comment l’Evêque est
intégré. Aussi bien l’actuel que le précédent. Celui qui est
là, on l’appelle d’ailleurs Yacouba. Et celui qui est parti,
avait été surnommé Souleymane, à cause de son nom Salomon.
C’est donc dire qu’il y a une bonne coexistence entre des
religions. Et ceci est une bonne chose, je m’en réjouis.
Surtout qu’il s’agit de la région de ma famille maternelle.
Vous avez annoncé à Odienné, un plan d’urgence pour la
reconstruction des zones CNO. Combien allez-vous investir
dans ce vaste projet ?
ADO : Dans le Denguélé, nous avons prévu un chiffre global
de 375 milliards. Dans le Bafing, c’est 195 milliards. Et
comme nous l’avons fait, au plan de l’analyse macro-économique,
nous avons dit que sur les 10.000 milliards, il y a 2000
milliards qui seront financés par le secteur privé. 5000 le
seront par l’allègement de la dette. Maintenant pour la zone
CNO, il faut dire que c’est quand même une zone sinistrée.
Alors, nous avons prévu, en plus du calcul normal, de
réfection dans différents secteurs, une enveloppe
additionnelle pour cette zone CNO. Et sur les 375 milliards
prévus pour le Denguélé, il y a 50 milliards additionnels
pour les travaux exceptionnels de reconstruction due à la
crise. Sinon le Denguélé aurait une enveloppe de 352
milliards.
Le RDR vient de perdre la municipalité de Daloa. Qu’a fait
le Dr Alassane Dramane Ouattara pour éviter cette situation
? Et maintenant que c’est fait, quel sort réservez-vous aux
conseillers jugés comme des traitres.
ADO : Moi, je suis candidat à l’élection présidentielle. Le
RDR a une direction. C’est le RDR qui est chargé de
clarifier cette question. J’ai demandé à Mme Diabaté (Secrétaire
général du RDR), à Amadou Gon Coulibaly (Secrétaire général
délégué) et à Adama Toungara qui est le président des maires
libéraux, de voir ce qui s’est passé. Ce sur quoi je suis
certain, c’est qu’ayant 25 conseillers sur 34, c’est quelque
chose qui ne devait pas arriver.
Comme vous le dites, les régions du Denguélé et du Bafing
ont beaucoup de difficultés. Et au cours de votre
intervention à Touba, vous avez dit que vous n’allez pas
utiliser vos relations pour mobiliser des ressources et les
mettre à la disposition de personnes qui vont les dilapider.
Pourtant les régions précitées ont des communes et conseils
généraux dirigés par des élus RDR. Alors que faites-vous
pour aider ces élus ?
ADO : Vous savez, demandez aux présidents de conseils
généraux d’Odienné, de Touba ou d’ailleurs. Ils vous diront
les actions que j’ai dû mener directement ou indirectement
pour eux auprès des Ambassades ou d’autres structures des
pays étrangers. Je le fais certes, mais les ressources
importantes qui doivent servir aux collectivités doivent
provenir du gouvernement. Si vous voulez un prêt
d’assainissement de la Banque mondiale pour Daloa, cela
vient par l’intermédiaire des négociations avec le ministère
des Finances et celui du Plan. Les ressources importantes ne
viennent donc pas directement aux municipalités. Par
conséquent, ces questions ne seront réglées que quand nous
serons aux affaires. C’est aussi simple. D’abord, parce
qu’intrinsèquement, il y en aura plus. Deuxièmement, la
confiance étant revenue, compte tenu de ma gestion passée,
les gens auront plus confiance à mettre plus d’argent. C’est
ce que j’ai toujours dit. On aura une opportunité d’avoir
beaucoup plus de ressources. Pas seulement pour les
municipalités dirigées par des Elus du RDR, mais pour toutes
les municipalités en Côte d’Ivoire. Il est important que ces
structures qui ont été créées fassent des investissements.
Elles sont là aujourd’hui à ne payer que les salaires et des
véhicules. Ce n’est pas cela l’objet. L’objet, c’est d’aider
les populations et c’est ce que je souhaite faire.
Concernant la sécurisation de l’élection présidentielle,
nous avons appris dans la presse que l’ONU va déployer 7.000
hommes, 810 commandos, 150 chars et des hélicoptères à cet
effet. En avez-vous parlé au cours du dernier CPC ? Si oui,
est-ce à dire que vous n’avez pas confiance au CCI ?
ADO : Effectivement, nous en avons parlé. L’ONUCI a pendant
longtemps été dans un poste d’observation. Choi l’a dit et
l’a répété, le processus est un processus ivoirien. Ils sont
censés, eux, apporter leur soutien. Ce qui se fait
actuellement est une demande du Conseil de sécurité, qui a
remarqué que, un, le processus est lent. Et deux, qu’il faut
un appui, non seulement de la Division électorale pour le
processus électoral, mais aussi des forces militaires pour
l’aspect militaire. Nous, nous réjouissons de cela. Parce
que nous voulons, au bout du compte, des élections
transparentes, équitables, mais aussi et surtout sécurisées.
Pour qu’après les élections, la Côte d’Ivoire renforce la
paix et se mette au travail pour son développement. Et que
celui qui va gagner soit applaudi par tous, y compris par
ceux qui vont perdre. J’espère que les choses vont se faire
de cette manière. Et que véritablement les uns et les autres
comprennent que personne ne veut retourner dans le passé
avec les crises qui ont secoué le pays. Pour moi, ce n’est
pas un manque de confiance, c’est plutôt un soutien qui a
été promis et qui est en train de se mettre en place. Je
m’en réjouis. Le CCI doit également se mettre en place. Je
l’ai dit aussi. Choi également nous l’a dit, avec à ses
côtés le Général Amouzou et Becaye Senn de la Division
électorale. Ils nous ont dit comment ils vont procéder pour
chacun des chapitres. Tout cela nous a été expliqué, aussi
bien à nous même qu’au PDCI et aussi au FPI. Pour que tout
le monde comprenne qu’il y a une force impartiale qui est là
et qui tient à ce que chacun garde la réserve nécessaire
pour que les élections se terminent dans la paix.
Nous avons constaté qu’à chaque étape de la tournée, vous
avez présenté les membres de votre famille qui étaient dans
la délégation. Pourquoi ?
ADO : C’est pour montrer que je suis un homme de famille et
un homme de moralité. Mon épouse m’accompagne, ainsi que mes
sœurs et mes frères. Ils m’accompagnent surtout dans le
Denguélé, d’où est issue notre mère. A Kong, également,
j’irai avec mes frères, du côté paternel. Cela est
important, parce que la politique ne doit pas vous couper de
la famille. La famille ne doit pas interférer dans ce que
vous faites, mais pas question de se couper de la famille.
C’est bon d’avoir une famille auprès de soi. Et moi, je suis
très heureux que mes frères et sœurs soient là et surtout
avec beaucoup de discrétions et d’efficacité. Ce n’est pas
la politique à l’Américaine, mais je veux qu’on sente que la
famille, la religion et autres sont aussi importants pour un
homme politique. Vous savez, on ne peut pas diriger un
peuple et se comporter d’une certaine manière. Il faut
éviter de donner le mauvais exemple à vos concitoyens,
surtout les jeunes. Il faut respecter des principaux moraux.
C’est donc une manière pour moi de dire à mes compatriotes
qu’il faut qu’on change de manière de faire et qu’on soit
des personnes qui doivent inculquer des valeurs aux jeunes
pour l’avenir.
Conclusion
C’est notre dernière tournée avant la fin de l’année. Je
voudrais donc à cette occasion vous souhaiter une très bonne
fin d’année. L’année 2009 a été une année de déception pour
nous tous, puisqu’il n’y a pas eu d’élection. Mais je crois
que l’année 2010, par la grâce de Dieu, sera une bonne année.
Parce que nous devrions pouvoir avoir l’élection
présidentielle entre février et mars. Je vous souhaite mes
vœux les meilleurs. A vos familles et vos proches, je
souhaite une bonne fin d’année et une excellente nouvelle
année.
Retranscrits par Diawara Samou |
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